LE PASSE SIMPLE  
synchronie - diachronie

NB : voyelle tonique en majuscule rouge

 

PREMIÈRE PARTIE : RELEVÉ ET CLASSEMENT (Étude synchronique)

L'étude des formes du passé simple doit distinguer : 
- les passés simples faibles : l'accent tombe sur la désinence à toutes les personnes
- les passés simples forts : l'accent se trouve sur le radical pour P1, P3, P6 et sur la désinence pour P2, P4 et P5.

1) RELEVÉ DES OCCURRENCES DU PASSAGE ET CLASSEMENT

  

A) LES PASSES SIMPLES FAIBLES

Désinences toniques et radical atone.
 
a) Type en -a
( ai / as / a / ames / astes / erent, ierent )
Ce sont tous les verbes en -er / -ier.
P 6 en -erent
P 6 en -ierent

b
) Type en -i 
( i / is / i / imes / istes / irent )
P 6 en -irent
Verbes dont l'infinitif est principalement en -ir, quelques-uns en -oir et -re :
dormir, eissir, fallir, ferir, garantir, guerpir, joïr, oïr, partir, saillir, sentir, toldre, cheoir, cosdre....

P 6 en -ierent à l'origine et P3 en -ié
: ces verbes sont absorbés par le type en -i à partir du XIIIes. Ils avaient un parfait étymologique ou analogique en -dedi. En ancien français, ce sont les verbes dont l'infinitif est en -tre, -dre , en -re  : 
attendre, battre, beneistre, deffendre, descendre, espandre, fendre, iraistre, naistre, pendre, perdre, porsivre, rendre, respondre, rompre, tendre, vaintre, vendre, vivre.....

c
) Type en -ui /u
( ui,u / us / ut / umes / ustes / urent )
Verbes dont le radical se terminent par -r- ou -l- : chaloir, corre, criembre, doloir, moldre, morir, paroir, soloir, valoir ...
Verbes latins dont le parfait a subi l'influence analogique des participes en -utum. L'accent se déplace sur la voyelle thématique -u-, d'où l'évolution en ancien français. 

B) PASSES SIMPLES FORTS
Désinences toniques aux P 2, 4, 5 et radical tonique aux P 1, 3, 6

a) Type en -i
( -f / -is / -t / -imes / -istes / -rent )
Il s'agit des verbes tenir, venir, veoir, voloir et faire.
Leur parfait latin est en -i.
Le verbe faire, de par sa conjugaison (P3 en -ist) qui ne correspond pas à une évolution phonétique normale, est souvent inclus dans le type suivant.

b
) Type en -si
( -s / -sis, ïs / -st / simes, ïmes / sistes, ïstes / sdrent, strent , rent )
Verbes qui ont eu en LC ou en LV un parfait en -si ou en -xi : ardoir, dire, duire, guerpir, metre, plaindre, traire, craindre, lire, ocire, prendre, seoir, voloir.... 
Leur parfait latin est en -si ou -xi.
Verbes présentant une alternance vocalique : dire, escrivre, garir, gesir, guerpir, lire, manoir, maudire, ocire, prendre, querre, rire, seoir ...
Verbes sans alternance vocalique : ardre, ardoir, asoldre, ateindre, ceindre, clore, conclure, craindre, cuire, destruire, duire/conduire, escrivre, feindre, fraindre, joindre, luire, oindre, mordre, nuire, paindre, plaindre, poindre, tordre, traire, voloir (pour le paradigme en vous, vousis).

c
) Type en -u
P 6 en orent / ourent (eurent)
: ces verbes présentent une alternance en -o- / -eü- .
( -oi / -üs / -ot / -ümes / -üstes / -orent )
Verbes : avoir, plaisir, pooir,
savoir, taisir ...
P 6 en urent : ces verbes présentent une alternance en -u- / -eü-
( -ui / -üs / -ut / -ümes / -üstes / -urent )

Verbes : boivre, croire, croistre, devoir, ester, estovoir, gesir, lire, loisir, conoistre, movoir, nuisir, plovoir, reçoivre....

C) LE CAS DE ESTRE
Fui, fus, fu, fumes, fustes, furent.
Évolution particulière de ce verbe, qui est inclassable. Il peut être considéré comme un parfait faible appartenant au dernier type, comme un parfait fort de part son accentuation. 

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DEUXIÈME PARTIE : ÉTUDE D'UN PARADIGME PRÉCIS (Étude diachronique)

Introduction : identification du verbe, de son groupe, de la personne de conjugaison.

I) Paradigme en LC (et vulgaire si nécessaire) / en AF / en FM

II) Du latin à l'ancien français
1) Étude de la base
2) Étude des désinences

III) De l'ancien français au français moderne
1) Étude de la base
2) Étude des désinences

N.B. : Vous pouvez donner les paradigmes en deux temps : dans la partie qui étudie l'évolution du latin 
en ancien français puis de l'ancien français au français moderne. L'avantage du plan ci-dessus, c'est que 
vous avez en un seul coup d'œil les trois paradigmes, ce qui permet de ne pas oublier des étapes dans les 
faits à commenter.

COMMENTAIRES POUR UNE ÉTUDE DIACHRONIQUE
Étude des désinences
passés simples faibles - passés simples forts - cas de ESTRE

LES PASSES SIMPLES FAIBLES

A) Type en -A


I) Paradigme  du LC au FM
NB :
Toutes les voyelles sont brèves sauf -a- et -i final de P1 et P2.

LC LV AF FM
-Avi
          -avIsti
-Avit
     -Avimus
           -avIstis
      -Averunt 
-Ai
 
-Asti
 -
Aut
       -
Ammus
   -
Astis
    -
Arunt
  -ai
  -as
-a
      -ames
      -astes
-erent / -ierent
-ai
-as
-a
-âmes
-âtes
-èrent

II) Du latin à l'ancien français  

A toutes les personnes, du LC au LV
Par analogie avec les parfaits faibles en -i type dormivi > dormii (effacement phonétique attendu de la consonne bilabiale), apparition de formes contractées d'abord aux P2, P5 et P6 puis extension aux P1 et P3

Cette contraction entraîne un déplacement d'accent aux P2 et P5, de la voyelle i sur la voyelle a
.
Les formes de l'ancien français dérivent directement des ces formes contractées.

P1 
XIIes. :  Par une évolution phonétique normale, réduction de la diphtongue [ai] en e fermé.

P2
-s comme marque désinentielle
: après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.

P3
Passage de -avi à -aut par vélarisation de -i en LV sous l'influence de -w-. 
Réduction de -aut à -a
: l'évolution phonétique normale aurait abouti à -o(t).On peut y voir l'influence du verbe avoir au présent de l'indicatif (-ai / -as / -a). Effacement phonétique régulier de -t derrière voyelle tonique (fin XIes.).

P4
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
au IIIes.
Amuïssement de la voyelle pénultième atone -i-, ce qui entraîne une assimilation de la consonne labiale implosive par la consonne nasale explosive pour former une géminée -mm-.
Non diphtongaison de la voyelle tonique -a- entravée par la géminée qui ne se réduit qu'au VIIes.

A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle. On peut trouver à partir de cette époque une désinence -asmes, analogique de P5. 

P5
Évolution phonétique normale de -astis pour :
              - affaiblissement de la voyelle finale en e sourd au IIIes.
              - amuïssement de la voyelle pénultième atone -i-
              - non diphtongaison de la voyelle tonique -a- entravée 
              - A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle.

Maintien exceptionnel de -s implosif, peut-être par analogie avec P2.

P6
Diphtongaison de la voyelle tonique libre -a-  qui aboutit à -è- ou -iè-.
Affaiblissement de la voyelle -o < u bref - en e sourd par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -âmes, -âtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

B) Type en -I 

1) P 6 en -irent

I) Paradigme  du LC au FM
NB :
Toutes les voyelles sont brèves sauf -i- initial à toutes les personnes et -i final de P1 et P2.

LC LV AF FM
-Ivi
-ivIsti
-Ivit
-Ivimus
-ivIstis
-Iverunt 
-Ii
-Isti
-
Iit
-
Immus
-
Istis
-
Irunt
-i
-is
-i(t)
-imes
-istes
-irent
-is
-is
-it
-îmes
-îtes
-irent

II) Du latin à l'ancien français  

A toutes les personnes, du LC au LV
Apparition des formes contractées  par effacement phonétique attendu de la consonne bilabiale -w- aux P1, P3 et P4, par extension analogique aux P2 et P5 et P6

Cette contraction entraîne un déplacement d'accent aux P2 et P5.
Les formes de l'ancien français dérivent directement des ces formes contractées.

P1 
Chute de la voyelle finale au VIIes.  
Apparition d'un -s final dans la graphie à partir du XIIIes., analogique des parfaits forts comme mis, pris.

P2
-s comme marque désinentielle
: après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.

P3
Effacement phonétique régulier de -t entre le IXes. et le  XIes. mais sous l'influence des parfaits forts, il réapparaît graphiquement au XIIes. comme marque désinentielle.

P4
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
au IIIes.(dans les proparoxytons).
Amuïssement de la voyelle pénultième atone -i-, ce qui entraîne une assimilation de la consonne labiale implosive par la consonne nasale explosive pour former une géminée -mm- qui se réduit au VIIes..
A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle. On peut trouver à partir de cette époque une désinence -ismes, analogique de P5. 

P5
Par analogie de P4, affaiblissement de la voyelle finale en e sourd.

A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus
mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle.
Maintien exceptionnel de -s implosif
, peut-être par analogie avec P2.

P6
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1 
Généralisation de -s (analogique) comme marque désinentielle.

P3
Généralisation de -t comme marque désinentielle.

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

2) P 6 en -ierent à l'origine et P3 en -ié

I) Paradigme  du LC au FM
NB :
Toutes les voyelles sont brèves sauf  -i final de P1 et P2.

LC LV AF FM
-didi
            -didIsti
-didit
    -didimus
            -didIstis
     -diderunt 
-dE(d)i
           
-(de)dIsti
-dE(di)t
                  -(de)dImus
                 -(de)dIstis
  -dE(de)runt
-i
-is
-ié(t)
-imes
-istes
-iérent
-is
-is
-it
-îmes
-îtes
-irent

II) Du latin classique au latin vulgaire
Recomposition de tout le paradigme sur le parfait de dare. Pour expliquer le paradigme obtenu, on peut s'appuyer sur les explications de François de La Chaussée :
P1, P3, P6
Dissimilation probable du -d- de la syllabe atone (comme le -b- de l'imparfait). Il faut alors supposer à P3 la mutation vocalique de -i- final en -e- (sinon, on aurait eu le même vocalisme qu'à P1).
P2, P4, P5
Haplologie de la syllabe atone -de- après dépalcement accentuel sur la désinence i à P4.
A P2, action dilatrice du i long final qui maintient  le i bref de la désinence dans son timbre. Par analogie, extension à P4 et P5.

Cela a pour conséquence de ramener l'accent sur la même syllabe de la terminaison.

III) Du latin vulgaire à l'ancien français  

P1
Évolution phonétique normale : diphtongaison de la voyelle tonique, puis formation d'une triphtongue de coalescence avec -i final et réduction.
Apparition d'un -s final dans la graphie
à partir du XIIIes., analogique des parfaits forts comme mis, pris.

P2
-s comme marque désinentielle
: après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.

P3
Diphtongaison de la voyelle tonique libre
Effacement phonétique régulier de -t
entre le IXes. et le  XIes. 
Sous l'influence des verbes comme
dormi, réfection de la désinence -ié en -i
.

P4
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
au IIIes.(dans les proparoxytons).
A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle. On peut trouver à partir de cette époque une désinence -ismes, analogique de P5. 

P5
Par analogie de P4, affaiblissement de la voyelle finale en e sourd.

A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus
mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle.
Maintien exceptionnel de -s implosif
, peut-être par analogie avec P2.

P6
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

IV) De l'ancien français au français moderne
A partir du XIIIes., ce type évolue comme le type en -i, d'où : 
P1 
Généralisation de -s (analogique) comme marque désinentielle.

P3
Généralisation de -t comme marque désinentielle (par analogique avec les passés simples forts).

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

C) Type en -UI /U

I) Paradigme  du LC au FM
NB :
Toutes les voyelles sont brèves sauf  -i final de P1 et P2.

LC LV AF FM
-ui
         -uIsti
-uit
     -uimus
           -uIstis
      -uerunt 
-Ui
 
-Usti
-
Ut
     -
Umos
    -
Ustis
    -
Urunt
-ui, -u
-us
-ut
-umes
-ustes
-urent
-us
-us
-ut
-ûmes
-ûtes
-urent

II) Du latin à l'ancien français  
A toutes les personnes
Sous l'influence des parfaits en -utum, tout le paradigme est refait en LV en -Ui.
Cela explique le radical entièrement faible et les désinences toniques.
Palatalisation de -u- en -ü-
au VIIIes.

P1 
Passage de -üi- à -ü-, peut-être sous l'influence du passé simple de estre, où, en raison de la fréquence d'emploi comme auxiliaire, -i- de fui s'est amuï avant l'évolution de -üi-.
A partir du XIIIes., présence parfois d'un -s analogique  des passés simples forts.

P2
-s comme marque désinentielle
: après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.

P3
Effacement phonétique régulier de -t
entre le IXes. et le  XIes. mais sous l'influence des parfaits forts, il réapparaît graphiquement au XIIes. comme marque désinentielle.

P4
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
au IIIes.(dans les proparoxytons).
A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle. On peut trouver à partir de cette époque une désinence -usmes, analogique de P5. 

P5
Par analogie de P4, affaiblissement de la voyelle finale en e sourd.

A partir du XIIIes., -s final ne se prononce plus
mais est conservé graphiquement comme marque désinentielle.
Maintien exceptionnel de -s implosif
, peut-être par analogie avec P2.

P6
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1 
Généralisation de -s (analogique) comme marque désinentielle.

P3
Généralisation de -t comme marque désinentielle (par analogique avec les passés simples forts).

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur (généralisé à P4) remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

 

LES PASSES SIMPLES FORTS

A) Type en -I

I) Paradigme en LC / en AF / en FM
NB : Toutes les voyelles sont brèves sauf  -i final de P1 et P2.

LC LV AF FM
-i
        -Isti
-it
     -imus
         -Istis
     -erunt 
-i
     
-Isti
-it
          -
Imos
        -
Istis
   -erunt
-f
-is
-t
-imes
-istes
-rent
-s
-s
-t
-^mes
-^tes
-rent

II) Du latin à l'ancien français  
En latin vulgaire, par analogie avec P5 et P2, déplacement de l'accent sur la désinence de P4, ce qui permet d'aboutir à un radical tonique aux P1, P3 et P6 et des désinences toniques aux P2, P4 et P5.

Personnes faibles
P2
 
Maintien du i bref tonique dans son timbre sous l'action dilatrice du i long final. 
-s comme marque désinentielle : après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.

P4 / P5
Par analogie avec P2, Maintien du i bref tonique dans son timbre.
Maintien exceptionnel de la voyelle finale affaiblie en e sourd. On peut supposer une évolution de la voyelle finale quand P4 était encore proparoxytonique, puis une extension analogique à P5.
A P4, à partir du XIIIes., apparition d'une désinence -ismes analogique de P5 (-s purement graphique).

Personnes fortes
P1
 
Amuïssement de la voyelle finale, d'où l'absence de désinence. 
A partir du XIIIes., présence parfois d'un -s analogique  des passés simples forts.

P3
Chute de la voyelle finale
.
Maintien de -t comme marque désinentielle
.

P6
Amuïssement de la voyelle pénultième atone entraîne l'apparition d'une consonne d'épenthèse pour certains verbes.
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1 
Généralisation de -s (analogique) comme marque désinentielle.

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur (généralisé à P4) remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

B) Type en -SI

I) Paradigme  du LC au FM

LC LV AF FM
-s/x-i
                    -s/x-Isti
  -s/x-it
       -s/x-imus
                     -s/x-Istis
        -s/x-erunt
  -s/x -i
         -s/x-Isti
  -s/x-it
            -s/x-Imus
          -s/x-Istis
       -s/x-erunt
-s-f
 -s-is
       -s-t
            -s-imes
          -s-istes
   -sd-rent/ -st-rent
-s
-s
-t
-^mes
-^tes
-rent

II) Du latin à l'ancien français
En latin vulgaire, par analogie avec P5 et P2, déplacement de l'accent sur la désinence de P4, ce qui permet d'aboutir à un radical tonique aux P1, P3 et P6 et des désinences toniques aux P2, P4 et P5.

Personnes faibles
P2
 
Maintien du i bref tonique dans son timbre sous l'action dilatrice du i long final. 
-s comme marque désinentielle : après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.  

P4 / P5
Par analogie avec P2, Maintien du i bref tonique dans son timbre.
Maintien exceptionnel de la voyelle finale affaiblie en e sourd. On peut supposer une évolution de la voyelle finale quand P4 était encore proparoxytonique, puis une extension analogique à P5.
A P4, à partir du XIIIes., apparition d'une désinence -ismes analogique de P5 (-s purement graphique).

Personnes fortes
P1
 
Amuïssement de la voyelle finale, d'où l'absence de désinence. 

P3
Chute de la voyelle finale
.
Maintien de -t comme marque désinentielle
.

P6
Amuïssement de la voyelle pénultième atone
, qui entraîne l'apparition d'une consonne d'épenthèse. A partir du XIIes., désinence en -rent analogique de virent.
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1
-s senti comme marque désinentielle
.

P3
Disparition graphique de -s- implosif au profit d'une désinence  -it en adéquation avec la prononciation.

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur (généralisé à P4) remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

P6
A partir du MF, généralisation de la forme analogique.

C) Type en -U ( P 6 en orent / ourent ou P 6 en urent )

 I) Paradigme  du LC au FM

LC LV AF FM
-ui
-uIsti
-uit
-Uimus
-uIstis
-Uerunt 
-i
         
-Usti
-it
               -
Umus
             -
Ustis
-erunt
-i
-üs
-t
-ümes
-üstes
-rent
-us
-us
-ut
-ûmes
-ûtes
-urent

II) Du latin à l'ancien français  
En latin vulgaire, par analogie avec P5 et P2, déplacement de l'accent sur la désinence de P4
, ce qui permet d'aboutir à un radical tonique aux P1, P3 et P6 et des désinences toniques aux P2, P4 et P5.

Personnes faibles
P2
 
Maintien du i bref tonique dans son timbre sous l'action dilatrice du i long final, puis labialisation en -ü- au contact de -w-. 
-s comme marque désinentielle : après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.  

P4 / P5
Par analogie avec P2, timbre en -ü-.
Maintien exceptionnel de la voyelle finale affaiblie en e sourd. On peut supposer une évolution de la voyelle finale quand P4 était encore proparoxytonique, puis une extension analogique à P5.
A P4, à partir du XIIIes., apparition d'une désinence -üsmes analogique de P5 (-s purement graphique).

Personnes fortes
P1
 
Maintien de la voyelle finale, peut-être sous l'influence du passé simple de estre. 

P3
Chute de la voyelle finale
.
Maintien de -t comme marque désinentielle
.

P6
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1 
Réfection de la désinence en -s, purement graphique, analogique des passés simples comme valus...

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur (généralisé à P4) remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -ûmes, -ûtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

CAS DE ESTRE

I) Paradigme  du LC au FM

LC LV AF FM
f -Ui
          -uIsti
 -Uit
      -Uimus
           -uIstis
        -Uerunt 
f -Ui
   
-Usti
   -
Ut
        -
Umos
      -
Ustis
     -
Urunt
f  -ui, u
    -us
   -u
         -umes
        -ustes
       -urent
f  -us
  -us
 -ut
      -ûmes
    -ûtes
     -urent

II) Du latin à l'ancien français  
En latin vulgaire, réfection du paradigme entier par analogie avec les participes passés en -utum
, ce qui permet d'aboutir à un paradigme au radical entièrement faible.
Sous l'action métaphonique du i long final, maintien du timbre de -u- à P1 et P2, puis extension analogique à toutes les autres personnes.
Palatalisation de -u- en -ü
.

P1 
Chute de la voyelle finale, avant l'évolution de -üi- en raison de la fréquence d'emploi du verbe comme auxiliaire.
A partir du XIIIes., présence d'un -s analogique des verbes comme mis, pris...

P2 
Chute de la voyelle finale
-s comme marque désinentielle : après l'effacement de la voyelle finale, -t final aurait dû être maintenu mais il est senti comme disconvenant à cette personne. -s ne se prononce plus à partir du XIIIes.  

P3
Effacement phonétique régulier de -t
entre le IXes. et le  XIes. mais sous l'influence des parfaits forts, il réapparaît graphiquement au XIIes. comme marque désinentielle.

P4 / P5
Maintien exceptionnel de la voyelle finale affaiblie en e sourd. On peut supposer une évolution de la voyelle finale quand P4 était encore proparoxytonique, puis une extension analogique à P5.
A P4, à partir du XIIIes., apparition d'une désinence -üsmes analogique de P5 (-s purement graphique).

P6
Affaiblissement de la voyelle finale en e sourd
par analogie du présent de l'indicatif.
Amuïssement phonétique des consonnes finales au XIIe mais maintien graphique comme marque désinentielle.

III) De l'ancien français au français moderne

P1 
Généralisation de -s (analogique) comme marque désinentielle.

P3
Généralisation de -t comme marque désinentielle (par analogique avec les passés simples forts).

P4 / P5 
A partir du XVIIes., -s intérieur (généralisé à P4) remplacé graphiquement par l'accent circonflexe, d'où les désinences -îmes, -îtes.
E sourd se labialise au XVes. puis s'amuit au XVIIes. 

 

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